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« J'interviens beaucoup au collège. Au moins un élève sur deux a déjà expérimenté l'alcool. » Le constat est de Louisette Bouré, animatrice au sein de l'antenne boulonnaise de l'association Vie libre, qui lutte pour la prévention de l'alcoolisme.
Elle s'est déplacée entre le 1er janvier et le 20 juin dans les collèges, lycées, discothèques du Boulonnais. Au total, quelque 2 000 jeunes rencontrés. Confessés sur leurs rapports avec l'alcool. Conclusion ? « Je constate que dès l'entrée au collège, à 12 ans, en sixième, beaucoup d'ados me racontent avoir expérimenté l'alcool. Sans bien sûr être toujours forcément ivre. En cachette, ils me disent avoir goûté la bouteille achetée par un plus grand ou ils se débrouillent pour aller au supermarché du coin. C'est nouveau. Je travaille à Vie libre depuis 1995 et je constate cela depuis deux ou trois ans. Les lycéens, eux, boivent plus au niveau quantité. La fête, pour eux, c'est se saouler. » Marie Vervaecke, trésorière dans l'académie de Lille du Syndicat national autonome des infirmières en milieu scolaire, exerce au lycée Beaupré d'Haubourdin.
Elle confirme le phénomène. « Les collégiens sont beaucoup plus dans cette alcoolisation qu'avant. Peut-être parce qu'ils sont en mal-être de plus en plus tôt. »
Danielle Smizek, infirmière scolaire dans le collège Jules-Ferry d'Haubourdin, se souvient. « En mars, quatre élèves de quatrième avaient mis de l'alcool dans les bouteilles d'eau et ont bu. Forcément, ils étaient ivres et sont passés en conseil de discipline. » Pour France Soetekouw, infirmière au collège Jean-Macé de Calais, « le problème, c'est que les commerçants vendent de l'alcool aux mineurs sans demander de pièce d'identité. » Les parents sont aussi pointés du doigt. « Pour certains, c'est pas grave de se prendre une cuite, ça fait partie de la vie, c'est culturel, c'est une expérience », dit Agathe de Bruyker, du collège Vauban à Maubeuge.
Sa collègue du collège Salengro à Saint-Martin-Boulogne renchérit : « Ce matin, une collègue racontait qu'une maman d'élève avait été convoquée parce que son fils de seconde avait bu deux canettes de bière. Elle a dit : "Il n'est même pas saoul." Elle ne comprenait pas pourquoi elle avait été appelée. »
N. F.
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