

« Cela va être un vrai travail de professionnel, pas un chantier où on se contente de brosser la rouille. » Sandrine Benafkir, proviseure adjointe de Jean-Monnet, est fière que le lycée surnommé le « 111 » (son adresse, avenue de Dunkerque) sorte de l'anonymat par la grande porte. Le 22 mai, les huit élèves de la 2ROC (réalisations d'ouvrages chaudronnés) vont intervenir sur un vrai chantier : la rénovation de la cathédrale de Saint-Omer. Leur champ d'opération : les fers d'ancrage, à 30 m du sol. Nettoyage de surface, ponçage, couche de protection pour les fers les moins altérés découpage, rechargement (ajout de matière manquante) pour les plus abîmés reproduction de pièces entières là où le fer a explosé sous l'effet de la corrosion. « Nous avons deux attentes, note leur professeur, M. Bahij.
Qu'ils nous montrent leur savoir-faire, leur technique, mais aussi leur maîtrise d'un chantier sous tous ses aspects (sécurité, appréhension des espaces, comportement). » La pression est forte : ce projet a été validé par l'architecte des Bâtiments de France qui a exigé une homogénéité visuelle et de structure du résultat.
Si Abdel Jamal Bahij, l'enseignant technique, est confiant, l'expérience est teintée d'inquiétude pour la poursuite du projet (il est envisagé de le prolonger l'an prochain). M. Bahij vient en effet d'apprendre que son poste allait être supprimé en septembre. « Je veux être crédible face à mes élèves, ne pas me démotiver, glisse-t-il. Je me suis engagé en début d'année à leur faire découvrir un chantier, ça se fera. » ST. F.
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