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lille@lavoixdunord PHOTO PATRICK JAMES
On ne présente plus l'avenue du Peuple-Belge, haut lieu régional du plus vieux métier du monde. Mais pour certains riverains, la situation dépasse les limites de la pudeur, là où avant il semblait y avoir de la retenue. Elle s'est détériorée ces derniers mois. Le ras-le-bol s'est exprimé courant janvier. Il provient des habitants du pâté de maisons de la rue de Jemmapes et de l'avenue du Peuple-Belge. On évoque jusqu'à une « quinzaine de prostituées » à cet endroit.
Pétition, réunions à la mairie de quartier avec la police, courriers aux autorités. Le malaise grandit chez ces riverains préférant garder l'anonymat : « La prostitution, on connaît, ça fait plusieurs années qu'on habite là. Avant, c'était plus discret. Mais depuis quelque temps, ce n'est plus supportable. C'est une atteinte aux moeurs permanente. » Il y avait déjà beaucoup d'Africaines. Et depuis plusieurs mois, les Roumaines en pleine misère sont venues tapiner à leur tour. « C'est tout le temps, de jour comme de nuit. Le matin, je conduis mes enfants à l'école, elles sont là. Le soir, quand je reviens avec eux, elles sont toujours présentes. Mes mômes, c'est leur quotidien. » Ce « spectacle » se déroule à la vue de tout le monde. De nombreux témoignages font état de fellations dans les voitures ou les fourrés du parc de l'avenue. Et ce, sous les fenêtres des maisons. De nuit, et parfois de jour. « C'est un défilé de fesses nues. Elles se tiennent de moins en moins, en faisant leur toilette ou leurs besoins entre deux voitures. » Sans compter l'insalubrité, avec les capotes ou mouchoirs en papier traînant un peu partout : « Quand on veut se balader, c'est pas ici. Le quartier est infréquentable. Le matin, vous sortez, et vous avez deux préservatifs usagés sur le trottoir. C'est dégueulasse. » À ces nuisances s'ajoute « une insécurité grandissante » : insultes, dégradations, cambriolages. Et puis, il y a « la présence des proxénètes, qui surveillent les filles ». Et la faune drainée n'est pas toujours recommandable : « Le quartier est devenu le repaire d'individus dangereux en mal de sexe. » Conclusion : « On laisse se développer une industrie du sexe sur cette avenue. Ce sont des esclaves, ces filles. » Les habitants souhaitent des actions policières renforcées et une application de la loi de 2003 interdisant le racolage (deux mois de prison et 3 750 E d'amende). C'est ce que demande aussi Marc Bodiot, président du conseil de quartier du Vieux-Lille. « Ce niveau d'exaspération, c'est la première fois. Il y a une tradition de la prostitution avec la proximité des gares et autrefois le quartier militaire... J'aimerais bien qu'elle cesse, même si le problème existera toujours. Mais j'entends que les habitants vivent dans la sérénité. »
> Comme on lira en Région (p. 6), suite aux plaintes des riverains, la Sûreté urbaine a arrêté mardi six prostituées et quatre proxénètes, tous roumains.
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