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Dès août, des panneaux installés sur le boulevard de la Liberté annonçaient la nouvelle règle. : La Voix du Nord Il s'agissait de l'un des grands rendez-vous de la cuvée 2008. Cette année, un important tronçon du boulevard de la Liberté devait être prioritairement consacré aux riverains et aux brocanteurs.
PAR LAKHDAR BELAÏD metro@lavoixdunord.fr PHOTO PHILIPPE PAUCHET D'un côté, il y a le « village ». Comprenez, les deux voies du boulevard Louis-XIV où, globalement, les lois de la chine sont respectées. Pratiquement aucun intrus. Entendez, les marchands de pulls andins, les colporteurs de masques africains et autres gadgets à la mode style girafes en bois ou mégaphones. Uniquement des fauteuils Chesterfield bien râpés, des statues en plâtre un peu écaillées et, surtout, des conversations passionnées entre vendeurs et badauds. Les palabres se terminant parfois par une tape dans la main et un échange de billets. À quelques dizaines de mètres seulement du « village », il y a Laure. Et Laure n'est pas contente, mais pas contente du tout. La jeune femme est installée à l'entrée du boulevard de la Liberté. Ce fameux périmètre allant du parc Jean-Baptiste-Lebas à la préfecture que les brocanteurs et les riverains ont été chaleureusement appelés à « reconquérir ». « Regardez ! Mais regardez donc ! », s'exaspère cette brocanteuse professionnelle en tendant le doigt à travers ses bibelots. À droite, un étal déborde de châles bariolés. En face, des jeunes hurlent le mérite de sacs en vinyle multipoches. « On est de nouveau au milieu des gadgets, enrage la marchande. J'ai joué le jeu, je regrette. J'aurais dû m'installer quai du Wault, comme l'an dernier ! » Pour qui connaît - et aime - la Braderie, le jugement de Laure peut sembler sévère. « Écoutez, il n'y a plus les odeurs de friture et les échos de tam-tam non stop, semble répondre Antoine Huguet, installé sur le trottoir du boulevard en tant que riverain et... antiquaire du bâtiment de son état. Ce matin, il y a eu une "épuration". La police a viré quelques camions de masques. Mais bon, quand les places sont laissées vides... » Effectivement, les marchands de colifichets et autres dessous féminins ont tout simplement su s'engouffrer dans les brèches. « J'ai planté mes étals quand j'ai vu que personne ne prendrait la place, vers 14 h », sourit un marchand de chaussures. « Mon patron a négocié avec un monsieur qui avait trouvé une meilleure place ailleurs », pense savoir une marchande de petites culottes. Mais le tout donne finalement un paysage bigarré. Comparé aux années précédentes, le boulevard de la Liberté a clairement changé de visage. « L'ancien gagne du terrain sur le futile, souligne un habitué de la Braderie. Mais il faut savoir être patient. » Visiblement, certains résistent encore, stoïquement et pacifiquement, à la réforme. Tel ce vendeur d'objets féminins qui ne voudra jamais clairement dire pendant combien de temps il a « joué à cache-cache » avec la police... avant de finalement revenir déballer. Combler les brèches
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