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L'homme habite officiellement à Lyon. Il est difficile de savoir si cette personne est spécialisée dans le textile. Elle n'a pas répondu à la convocation en justice qui vient de lui être adressée. Le groupe Damart - 10 millions de clients actifs en fichiers catalogue en 2003 - tenait pourtant à ce que cet homme se présente devant le juge des référés de Lille. Motif : Damart « a vocation à connaître un nouvel essor grâce au e-commerce » et le Lyonnais a mis en ligne un site suspect : damard.fr.
« La différence peut paraître anodine, commente Thomas Deschryver, du cabinet lillois Espace juridique et avocat du groupe Damart.
Mais la force des cybersquatteurs réside justement dans cette ambiguïté. » Un cyberclient un peu pressé tapera damard.fr au lieu de damart.fr ou simplement les premières lettres de la marque et il sera purement et simplement détourné de son but originel. « Il y a atteinte à l'image de marque, poursuit Me Deschryver. Et nous subissons également un détournement du trafic. » « De plus, il a été dûment constaté que le nom de domaine (le nom en .com ou .fr)renvoyait à un site Internet proposant non seulement des produits directement concurrents de ceux vendus par Damart Serviposte mais comportant l'indication "thermolactyl", sans justifier de quelque droit à cet égard », précisent les défenseurs du groupe roubaisien.
Le « cybersquatting » est une activité de plus en plus traquée. Chaque semaine, un tribunal français est saisi par une action visant cette pratique. « Il existe même des sites qui proposent des noms de domaine contrefaisants à la vente, souligne Thomas Deschryver. Souvent, les cybersquatteurs créent des noms de domaine pour mieux les revendre, y compris aux sociétés s'estimant visées. » L'avocat vient de recruter une juriste spécialisée en noms de domaine et en droit des marques. Dans le cas de damard.fr, Thomas Deschryver compte faire sanctionner son adversaire. Il espère surtout récupérer le nom de domaine pour mieux le neutraliser.
LAKHDAR BELAÏD
PHOTO CHRISTOPHE LEFEBVRE
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