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d'un vaste travail de formation. Oui, selon les services de sécurité d'Auchan Faches, qui ont déjà eu à s'en servir.
PAR ARNAUD DUFRESNE
metro@lavoixdunord.fr Vous prenez un café dans une galerie marchande, lorsque, juste à côté, un homme s'écroule. Il est certainement victime de ce que les médecins appellent la mort subite de l'adulte. Et étendu à vos pieds, il n'a que 5 % de chances de s'en sortir sans séquelles. Sauf si vous intervenez en relançant vous-même son coeur, dans la première minute, grâce au défibrillateur automatique externe (DAE) installé en libre-service dans la galerie. À condition d'avoir appris à s'en servir...
Nordine Benameur est médecin urgentiste au SAMU du Nord et mène actuellement une vaste campagne destinée à organiser l'installation de ces appareils dans le Nord et à former les usagers, c'est-à-dire tout le monde. « La mort subite, c'est environ 200 personnes par jour en France, explique-t-il. C'est une mort inopinée qui touche quelqu'un vivant normalement, qui s'effondre. L'origine est à 84 % cardiaque : la fibrillation ventriculaire, un court-circuit sur le "fil électrique" parcourant le coeur, qui fait que ses cellules ne se contractent plus en même temps pour faire circuler le sang. Le coeur devient inefficace et s'arrête au bout de quelques minutes. » Seul moyen de relancer le mouvement : le choc électrique. « Les chances de relancer le coeur diminuent d'environ 10 % par minute écoulée ! Et elles sont encore de 80 % dans la première minute. Il faut donc pouvoir administrer le choc électrique le plus précocement possible.
» Soit avant l'arrivée des équipes de secours (le délai moyen - six minutes après l'appel -, constitue aussi 60 % de chances perdues). C'est donc au témoin d'agir, en détectant l'absence de respiration, en alertant, en débutant un massage cardiaque puis en utilisant le DAE. Il lui suffit de coller deux électrodes sur la poitrine du patient et d'écouter les instructions.
Depuis 2006, grâce à la campagne lancée par Alex Türk, les petites et moyennes communes s'équipent. Les grands centres commerciaux, stades, institutions etc., également : il y en a un dans le hall d'accueil de l'hôtel de police de Lille. « Dans un casino de Las Vegas, où il y a des DAE partout et où tout le personnel a été formé, le taux de survie sans séquelles est remonté à 53 %. Récemment, à Faches-Thumes nil, à Auchan, une victime a été sauvée grâce au DAE par un agent de sécurité formé. »
Le SAMU 59 a donc choisi d'accompagner l'installation des DAE par une formation qui s'adresse aussi au grand public. « Il faut que le premier témoin d'un accident devienne un acteur. L'appareil est très simple à utiliser, un enfant de 10 ans doit pouvoir s'en servir. » Le Dr Benameur enseigne aux formateurs ou rencontre les utilisateurs potentiels : « On a formé des élus (300 personnes à Santes), les personnels du groupe Auchan, du Crédit Agricole, des gens du comité olympique et des clubs sportifs, ou encore 250 personnes sur la Grand-Place de Lille, fin avril. On souhaite aussi que les appareils ne soient pas installés de façon anarchique (avec une cartographie, permettant aux permanenciers du « 15 » de guider les témoins jusqu'au DAE le plus proche). Leur utilisation doit devenir un geste citoyen. » Une vidéo de dix minutes est disponible sur le site du CHRU. Il est temps de s'y mettre : fin 2008, 700 appareils devraient être installés dans le Nord. « Il en faudrait un pour mille habitants... »
> www.chru-lille.fr/portail%5Factu/ 49018.shtml
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