

lille@lavoixdunord.fr C'est presque la fin de l'année. Le soleil se fraye un chemin dans les salles de classe, invite les élèves à sortir, et fait oublier le délicat mois de décembre où un professeur d'atelier avait été blessé... Jérémy se sent bien dans la 2ROC. Mieux. Lui qui regrettait de faire sa scolarité à Jean-Monnet voit ses doutes effacés.
On est en mai. C'est maintenant que les projets pédagogiques aboutissent, qu'il faut prouver aux professeurs qu'on a appris des choses. Jérémy s'est inquiété ces dernières semaines. Inscrit au foot à Pérenchies, son genou le faisait souffrir et une opération l'a tenu loin de la classe durant deux mois.
Il est revenu il y a deux semaines. « J'ai eu peur de louper beaucoup, de ne pas être capable de rattraper », glisse-t-il. Des neuf élèves de la classe, il est l'un des rares à avoir choisi cette formation et partage volontiers son rêve de « travailler dans la marine, sur des bateaux, des sous-marins ». Les copains respectent le projet, mais pouffent de rire dans leur manche. Eux ne savent pas tous où va les mener ce BEP. C'est le temps des remises en question, des réorientations.
« Le sérieux de Jérémy lui a permis de se remettre à niveau », assure Danièle Bultez, la professeure principale de la 2ROC, qui a organisé l'envoi de tous les cours lors de sa convalescence. « Techniquement, je suis prêt à aller à Saint-Omer ! », lance-t-il.
Dans la classe, c'est vrai, on s'impatiente. Depuis le début de l'année, on leur parle d'un projet de rénovation de la cathédrale. Mardi, une réunion a été organisée avec les parents. Car ça y est, les jeunes sont attendus sur le chantier le 22 mai. « On sera à 50 m du sol », explique Youssoufi. « C'est pour travailler sur la rouille, sur les fers usés », ajoute Éloi. « Il y a du boulot, d'après ce que M. Bahij a dit (leur professeur pilote du projet), il faudra refaire des pièces, couper, souder, on va stresser, mais juste un peu au début... », sourit Jérémy. Les inquiétudes ont été levées en cours d'atelier. Les gestes techniques sont connus. Jérémy fera équipe avec Laurent, Anthony et Clément. « Ils vont travailler sur les fers d'ancrage de la cathédrale. on leur demandera une homogénéité du travail », explique M. Bahij. Pas question en effet, sur ce monument classé, que la partie rénovée par les élèves dénote. Le défi est de taille pour ces débutants, mais pas effrayant. « Je suis impatient, confie Jérémy. J'ai fait des stages en plomberie quand j'étais en troisième. J'avais fait de la soudure, de la tuyauterie. On était à trois sur le chantier, ça se passait dans les conditions réelles. » Ce plongeon dans le réel, à Saint-Omer, sera un tournant dans leur année scolaire. •
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