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Hier, Jérémy a été reçu en classe pour faire le point sur son stage avant de se réinscrire au lycée: il passe en première. : La Voix du Nord PAR STÉPHANIE FASQUELLE
lille@lavoixdunord.fr PHOTO ALEXIS CHRISTIAEN
Un jour pas comme les autres au lycée Jean-Monnet. Le dernier. Les portes sont ouvertes, les professeurs sont là, mais les couloirs anormalement silencieux. Tous les élèves sont en stage ou en sortent. Il est 9 h et Jérémy et ses camarades de classe de la 2ROC attendent devant l'entrée. Ils ont troqué leurs cahiers de notes, réglet et équerre contre un livret de rapport de stage. Tous sortent de trois semaines d'immersion en entreprise, passage obligé au terme de leur première année de BEP. Sauf Jérémy. L'élève n'a pas eu de chance. « J'ai pris une plaque de fer de 50 kilos sur le doigt , confie-t-il en massant son index. Les nerfs ont été comprimés, je n'ai plus de force et ce n'est pas sûr que je puisse récupérer complètement. » Pas trop grave pour la suite de son parcours en structures métalliques, mais l'incident est survenu au bout d'une semaine de stage et l'élève n'a pu valider l'expérience comme les autres. « Ça me plaisait pourtant, je travaillais à Métal Création à La Madeleine sur les cages d'escalier métalliques de la piscine du Val Joly. Si on me le dit, j'y retourne tout de suite. J'ai envie de refaire un stage chez eux. » « Éloi, tu étais à la mairie de Villeneuve-d'Ascq. En quoi consistait ton travail ? » Dans la classe, devant les questions de Jean-Paul Merchier, chef des travaux au lycée, organisateur des stages, le calme est très fragile. La 2ROC a l'esprit en vacances. Dans une heure, après cet ultime échange avec les professeurs (Mme Bultez, leur professeure principale, est là aussi), ils seront « libres ». Jérémy, assis à côté de Clément, relit la seule fiche remplie complètement par son patron, avant l'accident : « Stagiaire sérieux, assidu, mais doit s'impliquer davantage. » Quand vient son tour, M. Merchier l'interroge : « Tu as d'abord fait trois jours dans une entreprise mais ça s'est mal passé avec le patron, c'est ça ? » Jérémy explique : « Je n'ai pas aimé. Je n'avais pas compris ce que je devais faire, j'ai demandé à mon chef de me réexpliquer et il l'a mal pris... Je suis parti. » Les récits de stage des copains sont, eux aussi, émaillés de petits incidents, d'absences mal justifiées, de rapports de stage oubliés sur le bureau du chef, de certificats médicaux introuvables. Le ton monte. Rien qui ne remette en cause la première année de BEP, mais les professeurs attendent de la rigueur jusqu'au bout. « Ils ont fait du bon travail, on n'a eu que de bons échos de leur stage, mais il faut leur mettre un peu la pression », glisse en aparté leur prof principale. Jérémy, dont le second stage a été écourté, se voit proposer de le poursuivre aux vacances de la Toussaint. Ce qui signifie aussi qu'il passe en deuxième année, comme sept autres élèves.
Au final, cette classe de BEP pour qui rien n'était gagné le jour de la rentrée, dans laquelle les élèves confessaient volontiers vouloir être ailleurs, a bien changé. « J'ai même envie de passer le bac pro, je suis motivé à 100 % ! », confie Jérémy, avant de disparaître au bout du couloir. La 2ROC, c'est fini.
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