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Tandis que des formations déambulaient ou s'affrontaient au slam, l'Îlot Comtesse a prêté son écrin aux phalanges d'Orchies, Neufchâtel-Hardelot, aux Sonerien an Enez et aux géants. : La Voix du Nord Les fanfares, leurs vestes épaisses, leur col amidonné, leurs instruments âprement fourbis, gardent dans l'imaginaire collectif quelque penchant martial et suranné. Au reste, dans l'Îlot Comtesse, l'auditoire compte son lot de barbons réjouis, hochant au rythme des marches et des standards de l'entre-deux-guerres des sourires nostalgiques. Derrière nous, une probable ex-championne de Fa Si la Chanter se délectait au jeu des devinettes. « C'est Gainsbourg, non ? La Javanaise ! Et là... Mon Amant de Saint-Jean. Et Dominique ! » Mais les cuivres de l'orchestre d'harmonie d'Orchies, luisant aux éclaircies d'un ciel changeant, ne jouent pas pour les seuls contemporains de l'âge d'or des kiosques à musique. Ainsi Julien, Maïlys et Benjamin ont-ils l'âge d'être étudiants à la fac de Valenciennes, ce qui ne les empêche pas de goûter les partitions de la phalange. Où leur amie Anne-Sophie joue de la flûte traversière. « C'est beaucoup plus jeune qu'on imagine, affirme la jeune fille. J'ai commencé il y a cinq ans et j'ai vu beaucoup de gens de mon âge arriver. » Montrer la richesse de ces innombrables ensembles, les sortir de leur contexte habituel, c'était la volonté d'Hervé Brisse, tuba de l'ONL, à l'origine de ce Monde en fanfare. Après le centre, samedi, le Vieux-Lille se prêtait au jeu dimanche. Le Young Brass Quintet, associé à la Générale d'imaginaire, a montré que le slam, connu pour se payer de mots plus que de son, s'accommodait avec bonheur d'une fanfare. Mais au palmarès du grand écart s'imposait DJ Zebra, maître ès bootlegs et panachages, qui orchestrait au conservatoire la rencontre des platines et des cuivres. S. B.
PHOTOS STÉPHANE MORTAGNE
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