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samedi 05 juillet 2008

Le plan « Espoir banlieues » cristallise les critiques d'associations lilloises

 Une conférence de presse organisée pour témoigner de la peur de certaines associations lilloises quant à leur avenir. :  La Voix du Nord Une conférence de presse organisée pour témoigner de la peur de certaines associations lilloises quant à leur avenir. : La Voix du Nord

En fin d'après-midi hier, plusieurs membres d'associations ont tenu à faire part de leurs réflexions à propos du plan « Espoir banlieues » présenté par le gouvernement, et des incertitudes qui pèsent, selon eux, sur le milieu associatif.

PAR VIRGINIE CARTON

lille@lavoixdunord.fr Le 20 juin dernier, à Meaux, Fadela Amara présentait le plan « Espoir banlieues », dans lequel le gouvernement annonce un « tournant dans la politique de la ville », un « changement de méthode », une « nouvelle dynamique » et un « nouveau souffle ». Ces mots suffisent à irriter Xavier Cadet, salarié de l'association Filofil qui en compte deux. « Comme si on avait brassé du vent jusque-là ! », souffle-t-il devant une assemblée rassemblée in extremis, le temps d'une conférence de presse, même si le ministère auquel il a téléphoné lui a assuré que cela ne changerait rien pour les quartiers prioritaires.

À la Maison folie de Wazemmes, hier soir, une cinquantaine d'habitants, membres d'associations, et cinq autres responsables d'associations sont venus soutenir ce discours : le plan « Espoir banlieues » ne fait, selon eux, qu'aggraver les perspectives d'avenir des associations auxquelles on supprime, au fil du temps, de plus en plus de subventions. À elles, à leurs salariés, mais aussi à ceux qui profitent de leurs services et ne peuvent donc plus les faire vivre.

Pointée aussi du doigt, la caisse d'allocations familiales, accusée ici de « réorienter ses objectifs sans concerter les usagers et de mener une politique semblable à celle du gouvernement ». En exemple : les « bons loisirs » d'avant permettant aux familles les moins aisées de payer les centres de loisirs, à raison de 115 E par enfant et par an, ont été transformés en « chèques-loisirs » de 75 E par enfant et par an pour une tranche d'âge bien définie et utilisables partout, même dans les magasins. Les familles les utilisant toute l'année, l'été arrivé, « elles n'en ont plus pour payer les centres et donc ils menacent de fermer ».

Pour Daniel, de la maison de quartier des Bois-Blancs, les raisons du désaccord entre eux et le gouvernement sont d'ordre idéologique : « Nous travaillons avec des personnes en difficulté. Pour certains, elles sont responsables de leurs difficultés, pour nous elles en sont victimes. Le terme "bénéficiaire" du RMI ne devrait pas exister : ils sont allocataires, tout simplement. »

L'État, et au-delà

Dans la salle, un homme se lève : « Je crois que l'État est en train d'appliquer son idéologie. C'est l'individuel avant l'associatif. Il faut avoir une action de résistance ! » Xavier Cadet n'est pas d'accord avec ça : « Moi, ma perception, c'est qu'il n'y a plus de sous nulle part. » Ce qui n'est pas l'avis de Joël, qui pense que « des sous, il y en a, il suffit de lire la presse, pleine de records ! ». Pour lui, enseignant et membre d'association, « l'État met les bouchées doubles pour laminer ma vie d'enseignant et d'associatif, mais je pense quand même qu'il faut voir au-delà de l'État français : ces mesures apparaissent dans nombre de traités européens ! La ville de Lille a aussi mis en balance des postes et des subventions ». Ils sont tous d'accord sur un point : pour défendre leurs idées, l'union fait la force. •

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