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lille@lavoixdunord.fr PHOTO PIERRE LE MASSON
Ils ne veulent pas parler de grève et préfèrent la formule « rideau baissé ». Des commerçants du Vieux-Lille - et d'ailleurs - ont décidé de manifester leur mécontentement face aux augmentations de loyers que veulent leur imposer leurs propriétaires lors du renouvellement de leur bail. Mardi, à partir de 10 h, ils seront donc rassemblés place aux Oignons, leur bail à la main.
« C'est normal que les propriétaires réévaluent mais dans la limite du raisonnable », juge Paul Sirvent, qui tient la cave Au gré du vin rue Au-Péterinck depuis dix ans. La limite du raisonnable, pour lui, est indexée sur l'indice des coûts de la construction qui avoisine les 7 %.
Une augmentation que les loueurs peuvent réclamer en toute légalité lors d'un renouvellement de bail. Sinon, il faut déplafonner le loyer en tenant compte des facteurs de commercialité (une nouvelle ligne de bus, une réfection du quartier, l'arrivée d'un concurrent...) et cela finit bien souvent en procédure judiciaire. Dans le Vieux-Lille, ils seraient plus d'une dizaine à être concernés.
Comme Paul Sirvent : « Je paie 1 350 E HT par mois. Le propriétaire en réclame 4 500 puis est descendu à 3 500. On veut renouveler notre bail mais pas dans ces conditions, ce n'est ni rentable ni viable. » En attendant que son affaire soit jugée, il verse le même loyer qu'avant, au risque de payer les arriérés si son bailleur obtient gain de cause au tribunal. Autre exemple avec le Merveilleux, rue de la Monnaie, installé depuis moins d'un an à quelques mètres de la première boutique. « Je payais 2 600 E HT, mon proprio en voulait 10 000. J'ai eu la chance de tomber sur un bailleur "raisonnable" qui me fait un prix magique », raconte Fred, propriétaire du fond de commerce. Lui aussi sera fermé le 20 mai « par solidarité et puis, je suis encore en procès ».
Cette solidarité, Gilberto D'An-nunzio a su en jouer. Cet Italien qui tient La Bottega est à l'initiative de cette journée de mécontentement. « Nous sommes tous confrontés au même problème. À force d'entendre tous ces gens qui galéraient avec leur proprio véreux, il fallait faire quelque chose. On veut juste expliquer au public ce qui se passe. » Et alerter tous ceux qui arrivent en fin de bail. « Il ne faut pas que l'un craque, sinon, ça fera boule de neige », s'inquiète Jacques Mutez, conseiller délégué au commerce. •
> Les commerçants concernés : Olivier Maniglier, Benoît chocolatier, Le Merveilleux, La Chaise longue, Marelis bijouterie, Kate boutique, Vercruysse musique, Parution chausseur, Philippe Cloart, La Bottega, Ellen Desforges Maison, Un Vrai semblance, Alchimie fleur, Au Gré du vin, Home etc..., bijouterie Lancina, In bocca al luppo, L'Abbaye des saveurs, Enter Your Name, Été Country, La Fée dans le grenier, Pomme cannelle, Les Compagnons de la grappe, À la belle trouvaille, Goût et tradition, L'Éphémère, Father and sons.
Contact : Gilberto D'Annunzio au 06 19 56 32 46.
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