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PAR GEOFFROY DE SAINT GILLES
region@lavoixdunord.fr
PHOTO MAX ROSEREAU Après des retards de plus de dix heures deux samedis consécutifs, la compagnie marocaine Atlas Blue, filiale low cost de Royal Air Maroc, vient de battre un record. Un peu plus de vingt-sept heures de retard pour ses passagers de retour de Marrakech, et, par conséquent, pour ceux qui attendaient l'avion à Lesquin.
« Des compagnies comme celle-là, ça ne devrait pas exister. Nous avons été traités comme des marchandises ! », s'écrie un passager. « Nous avons été pris en otages », lance Mme Acker. Ils sont 130, dont des enfants et des personnes âgées à avoir vécu vingt-sept heures de tensions, d'affrontements parfois, de larmes pour certains.
En arrivant samedi vers six heures du matin à l'aéroport de Marrakech, les passagers nordistes sont prévenus d'un retard qui touche l'ensemble des vols Atlas Blue. Un service d'assistance les conduit à l'hôtel.
Des voyageurs à destination de Marseille, dont l'avion devait partir à 11 heures, font un esclandre. La compagnie les met alors dans l'avion prévu pour Lesquin. Exaspération des Nordistes qui décident de ne plus quitter l'aéroport, par peur de manquer une nouvelle occasion.
Les 130 passagers vont former un groupe solidaire et déterminé. Faute de dialogue avec qui que ce soit de la compagnie, ils décident de stopper tout le trafic de voyageurs en bloquant les comptoirs d'embarquement. Ce qui provoque une petite émeute avec les passagers qui veulent s'enregistrer normalement.
« Comme nous ne voulions pas quitter l'aéroport, nous avons dormi à même le sol. Comment peut-on voir cela en 2008 ? », s'interroge Najet Delhaye, qui a pris trois photos de ses compagnons d'infortune avant de se faire poursuivre par un douanier. Finalement, ils partiront du Maroc dimanche à 10 h pour atterrir à 13 h. Atlas Blue n'a pas fourni d'explications sur la cause du retard et les compensations.
Si ce fut l'enfer à Marrakech, ce ne fut pas une partie de plaisir pour les 159 Nordistes dont le vol à destination du Maroc était programmé samedi à 12 h 50.
Monsieur Vandenneste, de Marquette, raconte : « Nous avons enregistré nos bagages et peu après, nous avons appris qu'il y aurait un retard. Les premières nouvelles, distillées par la standardiste de l'hôtel Mercure où nous étions logés, parlaient d'un départ à 21 h. Nous avons dîné puis vers 21 h, on nous a dit que le départ serait à 22 h 20, puis à 23 h 25 et puis 2 heures du matin et après à 5 heures avant qu'on assure qu'il serait à 8 heures. » Résultat : embarquement à 14 heures et des passagers très remontés. Une jeune femme explique que son ami a fait une crise d'asthme, et comme les bagages étaient bloqués, il a fallu trouver une pharmacie de garde. Une autre personne a dû se débrouiller avec son bébé, ayant prévu seulement deux couches.
Patrick Antoniol fait partie des inquiets. À 2 000 euros les quinze jours, il ne sait pas s'il pourra rejoindre son voyage organisé. « Ce qui est grave, c'est que l'on paie le fait de partir de Lille, pense Patrick. J'étais content de jouer la carte régionale mais la prochaine fois, je partirai de Charleroi ou de Roissy. » De manière générale, les passagers se plaignent du manque d'informations.
Alain Berquet, directeur de l'aéroport, explique que les informations d'Atlas Blue sont parvenues au compte-gouttes. Cependant, il reconnaît « qu'il a manqué un interlocuteur direct aux passagers, qui écoute leurs problèmes et les informe régulièrement ». Alain Berquet a contacté la compagnie marocaine pour faire part de son mécontentement et demander la meilleure prise en compte possible pour les victimes.
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