C'est finalement Florence Lepron qui mène le jeu villeneuvois! Pour le bien du collectif... : La Voix du Nord PAR SÉBASTIEN DARNAUX
metrosports@lavoixdunord.fr PHOTO PATRICK JAMES
Florence Lepron n'est pas le genre à se reposer sur ses lauriers. Membre à part entière de l'équipe de France et de cette équipe de Bourges qui, chaque année, écrase tout sur son passage en championnat de France, la jeune Nantaise a pourtant décidé, à 23 ans, de redonner un peu de rythme à sa carrière. Un choix que semble d'ailleurs regretter Pierre Vincent, son ancien coach - qui n'a pas su lui trouver de remplaçante -, et qui ravit forcément Abdou N'Diaye. « Un jour je suis allée voir Pierre pour lui dire "qu'est-ce qu'on fait maintenant ?". Je ressentais le besoin d'avoir plus de temps de jeu. Il a pris sa décision, j'ai pris la mienne, même si cela m'a fait beaucoup de peine de quitter Bourges... » Florence Lepron a finalement opté pour Villeneuve-d'Ascq et pour ce poste d'arrière (elle était deuxième meneuse dans le Berry) que lui promettait le club nordiste. Mais les finances de l'ESBVA-LM ne permettant pas au club du président Scarna de trouver la meneuse capable de faire oublier Kathy Wambe, partie au Hainaut, eh bien devinez qui s'y colla ? « Je ne suis pas déçue car je l'avais senti venir. Et puis, ce n'est pas un sacrifice que de jouer meneuse. J'ai mis un peu de temps à le vouloir mais je trouve aujourd'hui le rôle très intéressant, notamment dans la réflexion du jeu. Pas question d'y aller à reculons : j'ai encore un milliard de choses à apprendre... » Avec Ljubica Drljaca (voir en pages Sports), Florence Lepron est l'une des rares Villeneuvoises à posséder l'expérience (trois saisons d'Euroligue, de nombreux matchs en équipe de France) du très haut niveau. Pour autant, la jeune femme se refuse à cette idée. « Je n'ai strictement rien fait dans ma carrière. Je suis bien consciente du travail qu'il me reste à accomplir. Je dois me montrer responsable devant la tâche qui m'incombe. À moi de venir en avance aux entraînements, d'analyser au calme les vidéos disséquées par le coach, d'utiliser les créneaux libres pour faire des séances d'entraînement facultatives. Cette expérience dont on me crédite ne veut rien dire pour moi... » L'Euroligue, en revanche, signifie beaucoup de choses pour la jeune femme. Pour toute joueuse de caractère, aux idées bien arrêtées, participer à la plus grande des compétitions européennes reste un moment privilégié dans une carrière... « Je suis tombée sous le charme de l'Euroligue, pour ne pas dire amoureuse, en 2002, lors du Final Four remporté par l'USVO à Liévin devant Gdynia. Je n'avais que 17 ans, étais pensionnaire de l'INSEP : je me suis dit "Waouh"... » Deux ans plus tard, Florence la jouait déjà sous les couleurs de Tarbes !
Son plus grand souvenir ? L'an dernier, en quart de finale, avec Bourges, contre Fenerbahce. « Sûrement le match le plus beau, le plus accompli sur le plan du jeu. Ce jour-là, on a sorti un match exceptionnel. Même Pierre Vincent, qui n'est pas du genre à se satisfaire de tout, l'a reconnu... » Ce soir, ce sera Brno, en phase de poule, sous les couleurs de l'ESBVA-LM. Autre club, autre ambition, mais un match qui fait rêver tout de même. Un adversaire que Florence Lepron a eu l'honneur de rencontrer l'an dernier, au Final Four, en demi-finale... « Un match que je n'oublierai jamais.
Les Tchèques évoluaient devant leur public. Là-bas, toute la ville est derrière l'équipe. Nous avons eu jusqu'à 15 points d'avance : la finale était toute proche. On a proposé un niveau de jeu monstrueux mais on n'a pas su le conserver jusqu'au bout. La faute, en partie, à quelques décisions arbitrales qui nous ont tuées : nous savions que nous allions mourir en prolongation... »
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